YAOUNDÉ – Un voile de mystère et de suspicion s’épaissit sur le secteur minier camerounais. Un récent rapport de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) a mis en lumière une divergence « colossale » entre les volumes d’or officiellement déclarés par le Cameroun et les quantités effectivement exportées. Cette révélation explosive, dévoilée le 10 décembre, jette une lumière crue sur de potentielles malversations et promet de secouer les sphères politiques du pays.
Un Écart « Colossal » Révélé par l’ITIE
Le rapport 2023 de l’ITIE, organisme international œuvrant pour une meilleure gouvernance des ressources extractives, est sans appel. Il pointe du doigt un gouffre sidérant entre les chiffres. Alors que le Cameroun communique sur des volumes d’or extraits et déclarés, les données relatives aux exportations réelles racontent une tout autre histoire. Cet écart, qualifié de « colossal », suggère que d’importantes quantités d’or échappent aux circuits officiels, alimentant ainsi les soupçons de contrebande, de fraude fiscale ou, pire encore, de corruption à grande échelle.
La Réponse Tardive du Gouvernement
Face à l’ampleur des révélations, la réaction du gouvernement camerounais était très attendue. C’est finalement le 29 décembre, près de trois semaines après la publication du rapport, que Fuh Calistus Gentry, ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, a brisé le silence. Dans un communiqué officiel, le ministre a promis des mesures, sans toutefois détailler la nature ou l’ampleur de ces actions. Cette prise de parole, jugée tardive par de nombreux observateurs, n’a pas suffi à dissiper les inquiétudes ni à calmer les esprits, laissant planer le doute sur la réelle volonté des autorités à faire toute la lumière sur cette affaire.
Des Enjeux Politiques et Économiques Majeurs
Les ramifications de ce potentiel scandale dépassent largement le cadre économique. Elles touchent au cœur de la gouvernance et de la crédibilité des institutions camerounaises. La disparition de telles quantités d’or représente non seulement un manque à gagner considérable pour les caisses de l’État, privant le pays de ressources essentielles pour son développement, mais elle entache également l’image du Cameroun sur la scène internationale en matière de transparence et de lutte contre la corruption.
L’Ombre de la Corruption sur le Secteur Minier
L’industrie minière, souvent opaque, est particulièrement vulnérable aux pratiques illicites. Un tel écart entre production et exportation est un indicateur alarmant de possibles réseaux de corruption impliquant divers acteurs, des exploitants aux fonctionnaires. La capacité du gouvernement à mener une enquête rigoureuse et à sanctionner les responsables sera un test décisif de son engagement envers la bonne gouvernance.
Quelle Transparence pour l’Avenir ?
Au-delà des sanctions éventuelles, cette affaire soulève des questions fondamentales sur la réforme du secteur minier camerounais. Comment renforcer les mécanismes de contrôle et de traçabilité ? Comment garantir que les richesses du sous-sol bénéficient réellement à la population et non à une poignée d’individus ? L’ITIE, par son rôle de veille, a mis le doigt sur une plaie béante. Il appartient désormais aux autorités camerounaises de prouver leur détermination à la soigner, pour restaurer la confiance et assurer une gestion plus juste et transparente de ses ressources naturelles.
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