L’année 2025 restera gravée dans les annales de la culture marocaine comme une période de profonde tristesse. La scène artistique a en effet été endeuillée par la disparition de plusieurs de ses figures les plus emblématiques, des artistes dont l’œuvre et l’engagement ont façonné l’identité culturelle du Royaume. Du théâtre à la musique, en passant par le cinéma, ces géants ont laissé un héritage inestimable. ALM, en cette fin d’année, leur rend un hommage vibrant, une dernière salutation à ceux qui ont enrichi nos âmes et nos esprits.
Mouhcine Jamal : Le mélodiste intemporel de la chanson marocaine
Le 21 avril 2025, la musique marocaine perdait l’une de ses voix les plus distinctives et respectées : Mouhcine Jamal. Né à Tanger en 1948, ce chanteur d’exception a dédié plus de quatre décennies de sa vie à l’art, enrichissant le répertoire national de mélodies inoubliables. Sa carrière, débutée en 1983, fut marquée par une maîtrise inégalée du luth et un attachement viscéral au patrimoine musical marocain. Collaborateur des plus grands – de Abdelwahab Doukkali à Naïma Samih –, Mouhcine Jamal a su traverser les générations avec des titres phares comme «Zine F Tlatin», «Akid Akid» et «Sma3 Lia Nwssik», qui continuent de résonner avec la même ferveur dans le cœur du public.
Maâlem Mustafa Baqbou : Le souffle éternel de la musique Gnaoua
Le 8 septembre 2025, Marrakech pleurait la disparition de Maâlem Mustafa Baqbou, à l’âge de 72 ans. Gardien fervent et innovateur audacieux, Baqbou incarnait l’âme de la musique Gnaoua. Initié dès son plus jeune âge par son père, El Ayachi Baqbou, il a transformé le guembri et les krakeb en instruments d’une quête spirituelle et artistique. Cofondateur du légendaire groupe Jil Jilala dans les années 70, il a su marier l’héritage soufi aux aspirations contemporaines. Sa renommée a franchi les frontières, le menant à des collaborations mémorables avec des icônes mondiales telles que Marcus Miller, Carlos Santana et Pat Metheny. Mustafa Baqbou laisse derrière lui une empreinte indélébile, un patrimoine immatériel vibrant et éternel.
Naïma Samih : La voix d’or qui a conquis l’Olympia
Le 8 mars 2025, la chanson marocaine perdait sa diva, Naïma Samih. Icône de la modernité tout en restant fidèle à l’authenticité, son parcours artistique fut jalonné de collaborations prestigieuses avec des poètes et compositeurs de renom. Sa voix, d’une puissance et d’une émotion rares, a donné vie à des titres qui ont transcendé les frontières, tels que «Yak A Jarhi», «Kif Lmaani» et «LBhara», repris par de nombreux artistes arabes. Naïma Samih restera également dans l’histoire comme la plus jeune chanteuse arabe, et la première Marocaine, à fouler la scène mythique de l’Olympia à Paris, après les légendaires Oum Kalthoum et Fairouz, inscrivant ainsi son nom au panthéon des plus grandes voix.
Mohamed Choubi : L’acteur engagé, miroir des réalités marocaines
Le 2 mai 2025, le cinéma et le théâtre marocains perdaient un de leurs piliers, Mohamed Choubi. Acteur iconique, connu pour la justesse et la profondeur de ses interprétations, il s’est distingué par des rôles souvent ancrés dans les réalités sociales du Royaume. Formé à l’Isadac, Choubi a brillé dans des œuvres cinématographiques majeures comme «Le cheval de vent», «Mille mois», «Le manteau de mon père» et «La symphonie marocaine». Sa capacité à incarner des personnages complexes, porteurs de douleur, de dignité et d’humanité, a été saluée dans des films tels que «Mort à vendre» et «L’orchestre des aveugles». Son dernier rôle, dans «Jours d’été», témoigne de son engagement indéfectible jusqu’à la fin.
Naïma Bouhmala : La grande dame aux mille facettes
Casablanca a dit adieu à Naïma Bouhmala le 28 mai 2025. Née en 1948, cette figure incontournable du théâtre et de la télévision marocaine a marqué les esprits par son style unique, sa voix singulière et un jeu tout en nuances. Ayant débuté sa brillante carrière sur les planches, elle a su conquérir le cœur du public à travers ses rôles mémorables à la télévision et au cinéma. Naïma Bouhmala restera le symbole d’une artiste complète, dont la présence scénique et l’authenticité ont profondément enrichi le paysage culturel marocain.
Ces disparitions, bien que douloureuses, ne sauraient éteindre la flamme de leur héritage. Mouhcine Jamal, Mustafa Baqbou, Naïma Samih, Mohamed Choubi et Naïma Bouhmala continuent de vivre à travers leurs œuvres, leurs mélodies, leurs performances, et l’inspiration qu’ils ont léguée aux générations futures. Leur mémoire est un trésor national, une source intarissable de fierté pour le Maroc.
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